Migration : l’herbe est-elle plus verte ailleurs ?

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Environ 3% de la population mondiale est mobile, ce qui représente environ 200 millions de personnes qui peuvent être cataloguées comme des migrants internationaux, c’est-à-dire des personnes qui traversent une frontière pour s’installer dans un autre pays. On constate aussi que les Mauriciens sont nombreux à en faire partie. Pour diverses raisons, ils s’aventurent vers une nouvelle terre, une nouvelle culture et de nouveaux codes. Par conséquent, nous avons tenté d’avoir des chiffres pour les années récentes auprès du Central Statistic Office (CSO), mais sans succès. Les résultats sont les mêmes du côté du ‘Police Press Office’ et du ‘Immigration Office’.

Par ailleurs, la question c’est, pourquoi un individu tente de quitter son pays,  l’herbe est-elle plus verte ailleurs ?

Christelle Gourdin/Kausar Mohorun

L’immigration recouvre de multiples facettes par exemple la population, l’économie ou la démographie. C’est donc un phénomène social qui recouvre les facettes de l’existence et qui implique des bouleversements non seulement pour ceux qui partent, mais aussi pour ceux qui restent. Les pays avec le plus grand nombre d’immigrants sont: les États-Unis, le Canada, l’Allemagne et la France.

Selon l’ONU, un migrant est une personne qui se déplace dans un  pays autre que le sien pour une période d’au moins un an et qu’effectivement, par la suite, la destination devient sa résidence actuelle. D’ailleurs plusieurs pays ouvrent leurs portes à de nombreux étrangers, dans la plupart des cas pour leur donner accès à l’emploi et l’étude, afin d’aider l’État à se développer économiquement.  En ce moment, beaucoup de personnes, enfants, adolescents et adultes suivent la nouvelle tendance ; ils sautent sur l’occasion. Or, ils émigrent pour plusieurs causes, voire économique, politique, religieuse, climatique ou fiscale. Toutefois à Maurice, plus de 29 000 émigrants ont été enregistrés durant les années  2000 à 2011, mais en même temps, Maurice a accueilli 9000 immigrants.

Cependant, le phénomène migratoire occupe de plus en plus les spécialistes du monde entier. Il caractérise un changement qui est étudié dans plein de disciplines. On cherche cependant  à décrire et expliquer ce changement social. Une professeure en sociologie nous partage son point de vue.

Les effets sociologiques de la migration à Maurice

Selon Nashreen Hissoob, professeure en sociologie, la migration est liée à la modernisation. L’argent est un des facteurs les plus considérables a incité les personnes à aventurer vers une nouvelle terre. Déjà qu’à travers les médias, les Mauriciens ont développés un esprit voyageur. Ils ont envie de tenter leur chance ailleurs afin de récolter plus de succès. L’enseignante nous explique que chaque personne a sa propre perspective de la réussite. Les Mauriciens ont déjà adopté cette mentalité, notamment trouver le bonheur ailleurs. C’est le centre de l’attention en ce moment surtout, parmi les jeunes.  Par ailleurs, selon elle, d’autres raisons telles  que  le sentiment de dégoût, voire le taux de chômage, poussent davantage les Mauriciens à s’immigrer. Elle a tenu à faire mention que le Canada, l’Australie et Dubaï sont les pays les plus fréquents vers lesquels les  Mauriciens se dirigent, en raison de nombreux accessibilités. « Le Canada est connu d’être politiquement stable, ouvert aux immigrants et surtout un pays ou la liberté d’expression est présente parmi les différents groupes ethniques », souligne-t-elle. Du côté de Dubaï, selon Nashreen, c’est un pays riche où les personnes mènent une vie luxueuse et donc fait rêver les jeunes. Quant à l’Australie, c’est la possibilité d’avoir un permis de résidence qui attire les Mauriciens.

Témoignages :

L’évolution et le professionnalisme ailleurs

Sharon Rajaloo a quitté le territoire mauricien depuis plus de 10 ans. Grâce à l’appui de sa famille, elle a pu trouver sa voie, ailleurs. La France était sa destination parfaite pour travailler. Elle nous explique au téléphone avec assurance les raisons qui l’ont poussée vers cet horizon. Sa grand-mère qui y vivait à l’époque lui a donné un avant-goût. « En France, on peut entamer une étude à tout moment et les opportunités sont vastes, comparées à Maurice où le marché du travail n’est toujours pas assez développé. De plus, l’économie de cet État est assurée. Les salaires sont autant moins abordables comparés au coût de la vie ». Aujourd’hui, Sharon est fonctionnaire de profession.

David Razack, à l’âge de 21 ans, poursuit ses études en Belgique. Pour diverses raisons telles que le professionnalisme, ce jeune est fier d’affirmer qu’il suit des études dans le domaine de la construction. Par contre, à Maurice, ce métier qui n’est autre que la maçonnerie, est quasiment rejeté par la société, selon lui. « Je suis en Belgique depuis 8 ans et je constate qu’ici il y a plus d’ouvertures en terme de profession. Chaque métier requiert une qualification professionnelle ». Quant à  Tanvi Seeburrun, étudiante en ingénierie depuis un an et demi au Canada, elle nous explique que c’est mieux de se former en Europe car il y a plus de facilités, notamment les séances de pratique qui ne sont pas disponibles chez nous en raison d’un manque d’équipements. Par ailleurs, le marché de travail est plus ouvert dans ce pays.

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Le Canada l’odyssée des immigrés

Le Canada est parmi les destinations ciblées par les immigrants. D’ailleurs, ce pays double sa capacité d’accueil et les Mauriciens s’y intéressent de plus en plus. Cependant, la compagnie M. Joomratty Law Group Ltd de la société Global Migration Solutions s’est installée afin de conseiller et entamer les démarches pour ces aspirants immigrants. Un personnel de la compagnie, Nafisa, nous a donné les raisons pour lesquelles beaucoup d’étudiants préfèrent aller au Canada. En premier lieu, elle précise que les universités se trouvant au Canada sont les meilleures au monde. Le gouvernement du Canada est en train d’encourager les étudiants à travers le monde et les accueille à bras ouverts. Ainsi, la compagnie travaille sous le slogan ‘Study. Work. Immigrate’. Les étudiants ont l’opportunité d’avoir un ‘work permit’ après leurs études pour ensuite faire leur démarche en vue d’obtenir leur  permis de résidence. Cela grâce à un grand marché de travail disponible au Canada. Nafisa affirme que les parents préfèrent investir dans les études d’un pays où ils sont sûrs que leurs enfants vont être employés, comparé à Maurice où plusieurs gradués sont chômeurs. De plus, le système canadien est basé sur la méritocratie. Nafisa a aussi remarqué une hausse dans le grand nombre d’étudiants mauriciens qui partent pour le Canada chaque année.