• « À ma connaissance, il n’y a aucun problème entre les ministres, PPS et députés du gouvernement de l’Alliance Lepep » 

Dans une interview accordée au Sunday Times, le ministre du Commerce, des Entreprises et des Coopératives, Sunil Bholah, affirme que le Master Plan pour redynamiser le secteur des Petites et Moyennes Entreprises (PME) sera bientôt finalisé. Il ajoute aussi que le secteur coopératif qui a un bel avenir  contribue énormément au développement socio-économique du pays.

Sunil Bholah soutient aussi qu’il n’existe aucun problème et clan au sein du gouvernement. Il laisse aussi entendre que si le présent Premier ministre se retire, il faudra se baser sur la Constitution, qui est claire sur la question du Primeministership.

Sanjay BIJLOLL

 

Q : Le gouvernement de l’Alliance Lepep voulait faire de Maurice une ‘nation d’entrepreneurs’. Or, selon les principaux acteurs de l’économie, le secteur des PME est à bout de souffle. Qu’est-ce qui explique cette léthargie?

R : C’est vrai de dire que le gouvernement de l’Alliance Lepep veut transformer l’île Maurice en une nation d’entrepreneurs. Ce n’est pas un concept unique à Maurice. C’est un concept mondial. De nombreux pays tels que l’Inde, le Pakistan, l’Indonésie, la Malaisie et la Thaïlande misent beaucoup sur ce concept. Il faut dire que les économies en dépendent.

Il ne faut pas oublier que 90% des firmes, qui existent dans le monde, font partie des PME. Nous déployons tous les moyens nécessaires pour encourager  celles-ci à prendre part à l’architecteur économique de Maurice.

Cependant, je dirais que dans le contexte mauricien, le concept de nation d’entrepreneurs est différent parce que, premièrement, notre marché est limité. Deuxièmement, nous sommes en retard avec dans le domaine de la technologie et de l’innovation. Troisièmement, il y a un manque de main-d’œuvre qualifiée (talents et habiletés).  Or, ces trois éléments ne nous permettent pas de réaliser ce que nous avons promis aux PME.

De ce fait, nous devons miser sur la formation et le système  des technologies et l’innovation. Il faut aussi élargir nos marchés et travailler sur des accords tels l’AGOA,  la SADC et le  Cooperative Economic Cooperation & Partnership Agreement (CECPA) avec l’Inde. Si nous adresserons ces trois ‘issues’ sérieusement, nous pouvons créer un certain dynamisme  au sein des PME.

 

Q : Vous aviez annoncé la préparation d’un Master Plan pour redynamiser le secteur des PME. Où en êtes-vous avec ce projet ?

R : Nous travaillons sur le Master Plan et le contrat est déjà alloué aux autorités concernées. Le plan qui sera considéré comme une feuille de route sera prêt dans trois ou  quatre  semaines et sera valable pour dix ans. Mais il faut s’adapter aux changements des affaires du pays.

Lors de ma mission en Malaisie, j’étais très inspiré par le plan de ce pays.  C’est un outil important pour faire une étude sur les PME et tracer la feuille de route. Jamais un tel plan directeur à l’intention des PME n’a été réalisé à Maurice.

 

Q : Dans quelle mesure une fusion de la SMEDA, d’Enterprise Mauritius et du National Woman Entrepreneur Council (NWEO) aidera-t-elle à rebooster l’entreprenariat ?

R : On reconnaît que la SMEDA est un soutien institutionnel pour les PME. L’Enterprise Mauritius,  qui ne tombe pas sous la tutelle de mon ministère, fait tout pour promouvoir les produits mauriciens dans plusieurs pays et le NWEC l’entreprenariat féminin.

Une fusion de la SMEDA, de l’EM et du NWEC sera certainement bénéfique pour l’ensemble de la communauté des entrepreneurs. Elle apportera un certain dynamisme  et encouragera les parties concernées à collaborer dans leur intérêt. Nul doute que cette fusion reboostera l’entreprenariat à Maurice.

 

Q : Il semblerait que Mybiz ne donne pas les résultats escomptés. Partagez-vous cet avis ?

R : Mybiz, considéré comme une ‘stop shop’, a été lancé à la mi-décembre 2015.   Il offre beaucoup de facilités aux PME. Or, dans certains cas, certaines PME sollicitent les différentes municipalités et les conseils de districts pour faire bouger leurs dossiers.

Mybiz, qui fait son maximum pour satisfaire les attentes des PME, a marqué sa présence sur le terrain pendant deux mois. Un vrai changement apportera ses fruits. On a déjà mis sur pied trois ‘ Business Development  & Facilitation Centres’ à Mahébourg, Coromandel et Bel Air et le quatrième sera ouvert à Goodlands. Le rôle de ces centres c’est non seulement d’enregistrer les doléances et les problèmes auxquels font face les entrepreneurs, mais aussi d’aider ces derniers d’une manière ou d’une autre.

La SMEDA compte un ‘pool’ des consultants, qui diagnostiquent le fonctionnement des PME. Par la suite, ces dernières proposent des solutions aux entrepreneurs. C’est un service innovateur. Et cela diminuera le taux de faillite  des ‘starts-up’ qui pénètrent le marché. Il ne faut oublier que les statistiques ont démontré que sept sur dix ‘starts-up’ ont mis la clé sous le paillasson en une année.

 

Q : Y a-t-il un avenir pour le secteur des coopératives à Maurice ou se dirige-t-il vers une mort certaine ?

R : On a revu le structure du mouvement coopératif avec la création d’une pyramide avec l’aide des sociétés et fédérations des coopératives. La Mauritian Cooperative Alliance existe depuis deux mois. La structure du mouvement est complète et la Public Service commission (PSC) a jugé utile de remplir les  postes du Registrar of Cooperatives et celui de Deputy Registrar.

Ainsi, le personnel du mouvement est motivé et les résultats sont palpables et visibles. Certes, le secteur coopératif, qui a un avenir  contribue énormément au développement socio-économique du pays. De plus, la modernisation des lois permettra, d’une part, d’avoir contrôle sur les différentes sociétés coopératives, et d’autre part, donnera plus d’opportunités aux mouvements coopératifs afin qu’ils puissent s’épanouir.

 

Q : Venons-en au chapitre politique. Il paraît que le courant ne passe pas entre vous et vos colistiers. Auriez-vous donné des instructions pour que ces derniers ne soient pas invités à une fonction la semaine dernière ?

R : Il est bon de rappeler que no 10 (Grande Rivière Sud-Est/ Montagne Blanche) compte un ministre et deux députés. Je suis un ardent travailleur comme ministre et prône une politique de proximité avec les habitants de ma circonscription.  Chaque mercredi, je reçois mes mandants. Je suis toujours présent à des mariages, anniversaires, fêtes religieuses, mais aussi des funérailles. Chaque semaine, je descends dans un village qui fait partie du no 10.

Je rencontre souvent mes colistiers. Il est faux de dire que j’ai donné des instructions pour ne pas inviter mes deux colistiers à une fonction que mon ministère avait récemment organisée.  Ces derniers étaient invités. Le député Sudhir Seesungur  était absent, mais avait présenté ses excuses. Par contre, le député Kalyan Tarolah était présent à cette fonction.

 

Q : N’empêche que les relations entre les différents ministres et députés de la majorité sont très difficiles…

R : Le moins que l’on puisse dire c’est qu’il existe une entente formidable au sein du gouvernement, Cabinet et aussi lors des séances parlementaires. On s’entend à merveille. Il y a une bonne solidarité entre les ministres et députés du gouvernement.

Moi, je suis en bons termes avec les membres du MSM, PMSD et ML. Il y a un respect mutuel et réciproque.  On doit trouver une solution s’il y a un problème entre nous.   Et on respecte notre leader et le Premier ministre, sir Anerood Jugnauth. Mes relations sont aussi bonnes avec les députés de l’opposition. « I never hit below the belt ».

À ma connaissance, il n’y a aucun problème entre les ministres, PPS et députés du gouvernement de l’Alliance Lepep. Le MSM fonctionne comme un parti démocrate et permet à tout le monde de s’exprimer en toute liberté lors des réunions du Bureau politique et Comité central. Moi, je suis très à l’aise au MSM et fier d’être un membre de ce parti.

 

Q : Dans quel camp êtes-vous : dans celui de SAJ ou celui de Pravind Jugnauth ?

R : L’Alliance Lepep compte trois alliés importants, notamment MSM, PMSD et ML. Il n’y a aucun clan. Donc, je vous dirais que je n’appartiens à aucun clan. Il y a qu’un seul parti et je n’épargne aucun effort pour l’épanouissement du MSM.

Comme je vous ai dit plus haut on a un grand respect et une grande admiration pour le Premier ministre, sir Anerood Jugnauth, mais aussi pour Pravind Jugnauth qui est le leader du MSM.

Mon association avec Pravind Jugnauth date de plus de 21 ans. Je l’avais rencontré en 1995 lorsqu’il avait posé sa candidature pour la première fois au no 11. Après une brève rencontre avec Pravind Jugnauth, j’étais devenu son sympathisant et peu après agent et activiste  du MSM. Ma sincérité, ma fidélité et ma loyauté m’ont permis d’obtenir un ticket MSM.

 

Q : Etes-vous pour un rajeunissement du Cabinet ministériel ?

R : Je ne peux ‘rentrer’ dans les chaussures du Premier ministre pour exprimer mon opinion à ce sujet. Le Premier ministre est plus apte à commenter ce sujet. Cependant, je vous dirais que c’est la prérogative du Premier ministre de procéder à un remaniement ministériel. C’est lui seul qui décide du sort des politiciens. J’ajouterais qu’en politique, tout le monde est jeune.

 

Q : Pour certains, c’est le peuple, à travers la tenue des élections générales, qui doit choisir Pravind Jugnauth comme Premier ministre. Partagez-vous leur idée ?

R : Je tiens beaucoup à la Constitution du pays qui est très importante et pour les parlementaires et pour la population.  Si l’actuel Premier ministre existant se retire, il faudra se baser sur la Constitution, qui est claire sur la question du Primeministership. Il est bon de rappeler que lors d’un congrès tenu à Goodlands, Pravind Jugnauth  avait dit qu’actuellement il assume le poste du ministre des Finances et du Développement économique. Il avait ajouté qu’il assumera d’autres postes s’il est appelé à le faire.