Des émissaires envoyés à Paris en avril 2015 pour négocier avec Dawood Rawat

À la requête de P.Jugnauth et R.Bhadain

  • « The deal is once we get the agreement sorted out, they don’t touch you, your children and your executives. What has started will die a natural death”

Alors que Pravind Jugnauth et Roshi Bhadain s’accusent mutuellement dans l’affaire BAI, il semblerait que les deux y sont empêtrés jusqu’au cou. Du temps où ils étaient encore en bons termes, le leader du MSM et celui qui fut son fidèle compagnon jusqu’à tout récemment auraient tout manigancé pour que Dawood Rawat coopère avec eux contre des garanties à l’effet que lui et sa famille ne seraient pas inquiétés dans le sillage de cette enquête. Deux ans plus tard, l’affaire continue à défrayer la chronique. Une bande d’enregistrement que nous avons en notre possession est révélatrice à plus d’un titre. L’affaire remonte au 20 avril 2015, soit peu après le démantèlement de l’empire BAI. Des émissaires, en la personne de Swadeck Taher, ancien CEO de Bramser Services Group, et Satar Hajee Abdoula, ancien administrateur nommé par le gouvernement, auraient été envoyés auprès de Dawood Rawat à Paris pour des négociations.

Dans la bande sonore, on peut ainsi entendre l’un des deux protagonistes disant ceci : « I want to do the headlines for the people that we have secured all of Dawood Rawat’s properties worldwide […] At the end of the day, they (ndlr: le gouvernement) got to save face. You have to secure your family and the executives. The deal is once we get the agreement sorted out, they don’t touch you, your children, your sons-in-law and your executives. What has started will die a natural death ». Ce à quoi Dawood Rawat répondra qu’il ne peut prendre d’engagement sans avoir parlé au préalable avec son homme de loi. Le Chairman Emeritus du BAI cherche également à savoir « who is on the other side ? » La réponse : « Pravind and Roshi ».

À la lumière de cette information, on peut ainsi déduire que le tort est partagé entre les ministres Pravind Jugnauth et Roshi Bhadain. Dès lors, des questions légitimes se posent. Le gouvernement peut-il interférer dans une affaire en faisant de telles négociations alors qu’une enquête policière est en cours ? N’est-ce pas une tentative d’influencer le cours de l’enquête, des garanties ayant été offertes à une des parties concernées que « what has started will die a natural death » ? Pire, le fait que des émissaires ont été envoyés auprès de Dawood Rawat pour négocier démontre clairement que le gouvernement ne pouvait contrôler la situation. D’où sa tentative de trouver une solution simple et rapide.

Swadeck Taher : « Séki oune tendé, c’est tout »

Contacté au téléphone, hier soir, Swadeck Taher n’a pas démenti la nouvelle. « Mo pas pou kapave raconte ou plis ki sa. Séki oune tendé c’est tout », nous a-t-il dit. Satar Hajee Abdoula est, lui, resté injoignable alors que Roshi Bhadain n’a pas souhaité faire de commentaires.

Les discussions ont duré pendant quatre heures

Swadeck Taher et Satar Hajee Abdoula ont conversé avec Dawood Rawat pendant quatre heures temps. La bande sonore révèle d’autres informations d’importance capitale. Nous reviendrons ainsi avec d’autres révélations dans notre prochaine édition. Vous pouvez déjà écouter les propositions faites à Dawood Rawat sur notre page Facebook : https://www.facebook.com/sundaytimes.official/ ou sur notre site web : https://www.sundaytimesmauritius.com/news/